En France on donne plus facilement le nom de sa maîtresse que son salaire. A Givors (69) pas facile de savoir ce que votent les habitants, hormis, bien sûr les militants si peu nombreux. A un point où l’on se demande si les colistiers votent toujours pour leur candidat. Qu’ils soient plus loin que prévu sur la liste… et ils sont capables de se choisir un autre camp. Mais là on est dans l’excès.
Quand on sait que les Givordin(e)s n’osent pas commenter le post le plus futile qui soit, on se doute qu’en période électorale connaitre leur vote est bien difficile. Nous sommes sûrs qu’un sondage fait dans cette ville donnerait des résultats bien différents de ceux des urnes quelques jours après.
Le grand classique. Dernièrement, la militante d’un parti extrémiste se disant très contente de l’accueil reçu sur un marché. Nous étions présents. En fait cette dame a pris chaque sourire, chaque bonjour, à fortiori chaque serrage de mains ou bise pour un soutien. Donc une voix. Ce qu’elle n’a pas vu c’est l’attitude de ses prospects, quelques mètres plus loin, en croisant un trio de militants d’une liste adverse. Le même sourire, le même bonjour… ! Dans certaines villes celui qui reçoit un tract prend le temps de parler et pose des questions sur le programme ! A Givors ce n’est pas le cas. Le but est de prendre par politesse la propagande qui se retrouvera dans une poche, puis dans une poubelle quand elle ne sera pas jetée par terre. Quelquefois mieux vaut ne pas poser de questions… quand on entend les réponses de futur(e)s colistier(e)s aux quelques rares interrogations des passants moins pressés d’aller acheter leur poulet. Surtout en ce début de campagne.
Les faux-culs Eux on les aime bien. Non seulement ils prennent les tracts mais ils ajoutent quelques formules du style « On vote pour vous », « on vous soutient », « on est avec vous ». Ils peuvent le dire à plusieurs candidats. Pourtant chacun d’entre-eux a ajouté une croix sur sa liste de « votes sûrs ». Or, ce gentil habitant ne mettra qu’un bulletin dans l’urne. A condition qu’il vote. Ce qui, à Givors, est devenue une denrée rare.
Les « courageux » Ils sont rares mais ils existent. Par politesse, ils prennent ou non le tract en avouant « je ne voterai pas pour vous ». Ils sont rares, mais un peu moins, semble t-il aujourd’hui. Il faut dire que pendant 67 ans il s’agissait juste de dire si l’on était ou pas communiste. C’était plus vite fait. Désormais certains osent leur choix. Le fait le plus remarqué provient du camp de l’extrême droite. Effet Bardella sans doute on peut aujourd’hui entendre, sur le marché, forains ou clients « avouer » vouloir voter RN. Principal motif et de loin, l’insécurité. Et que l’on ne s’y trompe pas le « client » type ne porte ni costume, ni cravate. Non. Il n’a pas une tenue particulière. Ce peut-être monsieur Tout le monde et, c’est nouveau, des Français issus, comme on dit de l’immigration maghrébine, d’un certain âge, pour les mêmes raisons. Le ras le bol des incivilités, voire pire. Et la stigmatisation pouvant en découler. On le sait le RN capte aussi désormais dans les quartiers populaires.
Un pronostic « Toi qui suit la politique c’est quoi ton pronostic ? ». Mon pronostic ? Pour l’instant deux candidats sont déclarés, LFI va se choisir sa tête de liste, secret de Polichinelle puisque ce sera Fabrice Noto. Le choix semble être vite fait. Le maire ne devrait pas tarder à se déclarer et à ouvrir sa permanence. Considérant que Mohamed Boudjellaba a 90% de risques d’être inéligible on voit mal Fabrice Riva laisser l’extrême droite orpheline. Même si se présenter à l’élection métropolitaine pourrait être une option. C’est autre chose que de monter une liste et trouver des colistier(e)s prêts à s’engager pour un candidat d’extrême droite ayant « allumé » durant quelques mois le maire et fait de l’Algérie son os à ronger. Avant de lever le pied. Le repos du…guerrier! Après avoir « pleuré » durant de longs mois une investiture LR qui, en son temps, lui fut refusé, Jérôme Chabrier est plus VRP multicartes que sans étiquette. Et sera estampillé de droite. Pas forcément un handicap face à pas moins de 3 listes de gauche. Un pronostic ? Pour l’instant on ne voit pas un candidat faire tomber le maire qui a un bilan à défendre et qui bénéficiera de la traditionnelle prime au sortant.
Prendre une mairie n’est pas aussi simple que certains ne le pensent. D’ailleurs quand on voit tous les candidats sereins et sûr d’eux on se dit à chaque élection qu’ils poussent assez loin la méthode Coué. Car chaque fois on ne mettrait pas un euro sur certains. Pour cette élection là comment faire un pronostic ! On connait une poignée de colistiers de Chabrier, la vieille garde du PC et son choix discutable de tête de liste, et c’est à peu près tout. Il semblerait que le maire ait décidé de garder ses cadres, on surveillera les postes attribués aux Verts, on ne connait pas plus de trois LFI et aucun colistier de Riva. Or, pour faire tomber un maire il faut un bon candidat, une équipe capable de gérer au cas où, et ce n’est pas si facile que ça, un programme ambitieux mais sincère, des militants prêts à faire le job, un peu d’argent et la…foi.
Mais il faut surtout que la population ait envie de changer de maire.
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